Cuba - Jardins de la reine - 2013

mardi 12 mars 2013

Caillou**







Notre séjour se prolonge à Cuba, comme dans un rêve.


Nous avons quitté Cienfuegos avec les accolades chaleureuses du personnel de la Marina et leurs conseils avisés et bienveillants sur la suite du programme, laissant l'équipage du "Penn Gwen" agiter leurs mouchoirs sur le quai. Mais ce n'est qu'un au revoir, nous nous reverrons bientôt en métropole. 

S'offre à nous maintenant une autre facette de Cuba : ses plages de sables blancs, ses eaux cristallines  ses milles Cayos (îlots) déserts.




Sur notre route vers l'Est, ce sont les "Jardins de la Reine":


La météo excellente cette semaine là nous a permis de mouiller au plus prés des barrières de corail ou de plages paradisiaques. Nous avons pu, grâce aux téléphones  satellites, organiser un rendez vous avec "les Coccinelles" que nous avons donc retrouvés dans un îlot désert pour des parties de plage, de "cuba libre" et de bonnes rigolades. Enfin, "îlot désert", pas tout à fait, car à le tombée de la nuit, plusieurs "crevettiers" cubains sont venus se mettre à l'abris tout prêts de nous et... nous ont troqués contre une bouteille de "Ron", une brosse à dent et un tube de dentifrice:


 
- Un saut rempli de langoustes
- Une bassine pleine de langoustines 
- Le tout recouvert de poissons! 
Un pur régal!








Déjà, la veille, nous avions croisé des pécheurs avec lesquels nous avions troqué des canettes de coca contre de la lotte tout fraîche ... Et ce n'est pas fini ...







Après de grands adieux avec les Coccinelle, très émouvants (le Pacifique les attendent et nous ne les reverrons pas de si tôt snif snif...), nous avons mouillé près d'un îlot cette fois vraiment désert. Au programme : nager avec les poissons sur la barrière de corail, y repérer des langoustes, se prélasser sur la plage avec les enfants pendant que Christophe, notre héros, va chasser, et revient ... victorieux ! 
Deux ENORMES langoustes. ouah ! Nous les cuisinerons de toutes les façons: grillées au beurre, froide en salade, cuisinées à l'armoricaine mais nous ne nous en lassons pas !


Pour clôturer cette épisode magique, nous avons décidé de tenter une escale devant PILON, une petite bourgade au fond d'une baie sur la route de Santiago. Il n'est normalement pas autorisé de débarquer en dehors des "marinas internationales" des grandes villes, et la "Guarda" surveille cela de très près. 
Bonne pioche, avec les sourire de nos bambins et arguant un besoin de carburant pour le bateau, nous avons pu passer deux jours à nous balader dans cette petit ville - ou village - , "dans son jus", complètement à l'écart des circuits touristiques, le vrai visage de Cuba.







Les vents nous ont ensuite emmenés (miraculeusement, sur un seul bord!) à Santiago de Cuba, notre dernière escale cubaine. 
Seulement 5 bateaux au petit ponton de la Marina, très excentrée de la ville avec parmi eux, "Cyriac" rencontré en Martinique avec à son bord deux jeunes mousses, Cyr et Briac de 4 et 6 ans. Autant vous dire, qu'à peine Titeuf ammarré, Jules était déjà en train de jouer aux légos chez les voisins.

Notre visite de Santiago aura été un peu rapide, carrément bâclée  pour cause de fenêtre météo favorable nous obligeant à repartir vite, trop vite.Mais nous y aurons quand même passés de chouettes moments, en particulier la rencontre et les échanges avec notre chauffeur de taxi, qui s'est mis en quatre pour nous rendre service. 

Autre moment fort : Nous y avons appris "en direct" la mort de Hugo Chavez, président du Vénézuela, ami de toujours et soutien fort de Cuba, en particulier en leur fournissant du pétrole très bon marché. Trois jours de deuil national, toutes les animations annulées, tant pis pour notre programme de sorties concerts. Les gens sont regroupés devant les postes de TV des cafétérias, le nom de Chavez est dans toutes les bouches, les mines préoccupées, les regards tristes. C'est cela aussi Cuba... Que se passera-t-il sans le soutien et le pétrole vénézuélien ? 

Pour nous, il est temps de partir, nous fêtons notre départ à bord de Cyriac bichonnés par les copains. Jusqu'au bout, jusqu'à la dernière minute, Cuba aura suscité chez nous l'émerveillement et la perplexité. En exemple, cette dernière petite anecdote, si représentative de tout ce qui nous émeut et nous dépasse : 

Mercredi 12h : le fichier météo est clair, c'est ce soir qu'il faut partir pour bénéficier des vents favorables pour traverser "Windward passage" de mauvaise réputation. Je vais prévenir les autorités que nous souhaitons partir vers 22h. Problème, la jeune femme de la Guarda (qui doit impératviement être présente au moment du départ pour vérifier qu'aucun candidat à l'exil ne se soit glissé à notre bord), m'informe que c'est compliqué car elle quitte la Marina à 17h et que la voiture de service pour revenir le soir est en panne. 
OK! mais on veut vraiment partir à 22h...
 Nous lui expliquons les problèmes météo, l'importance pour les enfants d'avoir de bonnes conditions, etc. Elle semble très embêtée. Elle va réfléchir.

15 h : toujours pas de solution... Nous lui proposons donc de lui payer le taxi pour qu'elle revienne. Elle hésite, nous disant que cela risque d'être très cher car elle habite loin.

15h30 : Elle nous informe qu'elle est d'accord mais qu'il faut surtout n'en parler à personne car elle ne doit pas recevoir d'argent de personnes étrangères pendant son service. Elle pourrait avoir de gros problème. 
Du coup, nous hésitons, nous ne voulons pas la mettre en difficulté. 
Chris est prêt à remettre le départ au lendemain, mais elle nous dit que si nous sommes discrets  cela ira. Elle viendra chercher les sous pour le taxi à 17 h en quittant son service. Elle nous dit avoir pris contact avec un ami taxi qui lui prend 20 CUC pour la course depuis l'autre bout de la ville (20km). Cela nous semble correct.
Touchée par sa gentillesse, je lui offre deux paires de chaussures  trop petites pour Clarisse -  plus tôt dans l'après midi, elle m'avait montré les photos de ses deux petites filles. 
Elle a l'air ravie mais gênée de sortir du bateau avec une poche : Elle ne peut pas accepter de cadeaux de notre part. Je lui propose donc de déposer le paquet dans les toilettes de la Marina. 
Ce que je fais vers 16h.

16HO1 : je la vois se diriger vers les toilettes avec son sac à main. Je me croirais sous l'occupation en train de faire passer des messages pour la résistance... Ce sont des chaussures d'enfant...

17h : Elle vient chercher les sous pour le taxi au bateau, discrètement évidemment. Nous lui disons à tout à l'heure et merci. Elle nous précise qu'elle arrivera vers 21h30 pour faire les papiers. Ok merci encore.

19h : Nous fêtons notre départ sur Cyriac, Titeuf est prêt pour larguer les amarres dans quelques heures.

21h50 : Les enfants sont couchés, Chris démarre le moteur, tout est prêt. On attend. Pas de madame Guarda. hum hum hum. 

22h pétante : Chris s'approche des bureaux pour voir. Le chef de port et un jeune homme en uniforme de la guarda (arrivé en mobilette) viennent vers lui...
???...????

Et la dame de la Guarda? pas de nouvelles, étrange .... nous aurait-elle vendu toute cette histoire? En a -t - elle rajouté dans la mise en scène pour rendre son affaire crédible ou a - t -elle réellement pris le risque de jouer avec le feu en nous arnaquant l'équivalent d'un mois de salaire d'un fonctionnaire?? Avons nous été d'une crédulité navrante ou avons nous juste contribué à la débrouille locale qui permet aux cubains de vivre tout simplement?  Impossible de savoir les tenants et les aboutissants de cette histoire. A 22h05, pétante nous quittons Santiago, comme nous le souhaitions avec le sourire et la gentillesse de tout le monde ... 

Mais une fois de plus, la seule chose que nous savons, c'est que nous n'y comprenons rien!!!"


**ce titre à été choisi par Clarisse...

beaucoup, beaucoup de photos, on rattrape le retard, et étanche la soif de curiosité de certain(e)s:
La Havane, La Mythique
Oups! j'l'avais oublié celui là         Les Jardins De La Reine
Pilon l'authentique
prenez le temps de les "savourer" il n'y en aura plus beaucoup avant le retour...
l'album retardataire                                 Santiago De Cuba