Après deux mois de farniente dans
la Baie de Salvador et les environs, les choses sérieuses reprennent avec la
descente vers Rio : grandes navigations en vue (750 miles à parcourir) et
ce, sans les alizés portant établis. Maintenant,
il faut composer avec les caprices des mers du Sud et attendre patiemment les
bonnes fenêtres météo.
Nous avons saisi au vol les vents
de Nord de ces derniers jours pour avancer avec une mer belle et des allures
sous spi ou en ciseaux, bref du bonheur.
Le programme initial était :
halte à Ilheus pour avitailler et ensuite...
...cap vers l’archipel des Abrolhos,
paraît-il un petit paradis pour plonger au milieu des poissons et des tortues. Sauf
que le vent nous a rappelé que c’est lui le patron. D’abord, impossible de
faire escale à Ilheus, 1m de creux dans le mouillage et donc à 6 heures du
matin, après une nuit de nav’, « on est venu, on a vu , on est
repartu ». Ensuite, les fichiers météo nous ont dit : « Si
vous lézardez aux Albrolhos, et que vous ne descendez pas maintenant, vous ne
pourrait peut plus jamais ! », alors nous, bien disciplinés, nous
avons mis le cap au sud sans manger les tortues !
Nous avons fait une petite escale
dans la rivière de Caravelas pour l’avitaillement. Un petit village qui ne paie
pas de mine mais très tranquille, des rues colorées, des gens adorables qui circulent
pour la plupart à vélo, un petit supermarché bien achalandé et un service de
livraison en moto-remorque jusqu’au ponton : la classe !
Les vents sont encore favorables
pour quelques jours, il faut continuer…
- « Jeudi 26 avril – 22h25 UTC – 17°58.800S/039°09.490W - J’ai vu une étoile filante comme jamais je n’en avais vu. L’impression qu’elle était toute proche. On voyait ses débris se consumer autour d’un centre si lumineux qu’on aurait dit un phare. Beau spectacle, le vœu n’a plus qu’à se réaliser. »

- « Vendredi 27 avril – 03h09 UTC – 18°25.500S/039°13.615W - Il faut se rendre à l’évidence, l’eau se rafraîchit au fur et à mesure de la descente vers le sud. A peine 26° contre les 29° dans les baies de Salvador, Moro ou Camamu. L’air reste encore chaud et agréable. »

- « Vendredi 27 avril – 20h30 UTC – 19°59.000S/039°49.040W - Enfin, le Grib est passé sur le téléphone satellite. Il confirme ce soir un affaiblissement notable du vent cette nuit et demain une bascule au sud entre 5 et 15 nœuds, qui forçit encore lundi. Donc escale à Vitoria »
Vitoria, une ville immense, un
Yacht Club de frimeurs, avec certes une piscine et un sauna mais hors de prix,
que des bateaux de pêche-promenade autour, les grattes ciel ont remplacé les
cocotiers le long des plages : autre image du Brésil…. Quel contraste avec
Caravelas. Même Salvador a des airs de village à côté, c’est dire !
Nous venons à l’instant de
regarder les prévisions… « bad news », on en a certainement pour une
semaine… Rio se mérite, il va falloir être
patient.
Pour ceux qui sont plus
intéressés par la bouille de nos bambins que par nos élucubrations à la
« Alain Gillot-Pétré » sachez qu’ils sont chaque jour un peu plus
craquants. Nous sommes des parents gaga : Jules nous sort des discours
encyclopédiques sur la vie animale et la faune sous-marine du
style : « Dis Papa, comment ça fait pipi les girafes ». Clarisse
est tordante car elle imite absolument tout ce que fait son frère, au moindre
geste. Ils jouent de plus en plus ensemble et se chamaillent au bout de 5
minutes, cela se termine souvent en tentative de morsure ou tirage de cheveux
et en larmes de crocodile. Nous excellons donc dans l’art de la médiatisation
intra-fraternelle.
Une chose est sûre, la campagne
bat son plein en France et nous devons avouer que nous sommes complètement et
totalement déconnectés : aucune info, aucune lecture, pas même une
discussion avec les bateaux rencontrés ces derniers jours (que des hollandais…)
, juste les résultats du premier tour
par texto… Cela nous fait quand même un
peu bizarre…
Alors à défaut des petites
phrases des candidats officiels, nous vous envoyons celle de ceux qui ont déjà
gagné les premières places dans nos cœurs :
- « Quand je serais grand, je serais architecte naval pour travailler sur un chantier avec le parrain de Clarisse» (Tonton Jérémy, chef de chantier… pas naval !)
Un autre jour :
- « Maman, tu joues avec moi...» « Attend mon chéri, j’ai beaucoup de travail, je dois faire la vaisselle et du rangement et… » « Mais non maman, tout ça c’est dans les maisons à terre, pas dans les maisons qui flottent… »
Ou encore :
- « Maman, qu’est-ce qu’il faut pour construire les hommes ? et qu’est-ce qu’il faut pour construire les adultes ?? »
- « Gilé » (…de sauvetage)
- « Zjul’ » (Nous étions tout émus la première fois où elle a prononcé le nom de son frère…).
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